xUn℮ ℮xplicαŁion p℮uŁ-êŁя℮ ?x

xUn℮ ℮xplicαŁion p℮uŁ-êŁя℮ ?x
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Bi℮nv℮nu℮ suя mon blog
consαcяé à mα ficŁion suя Tokio HoŁ℮l.
C'℮sŁ mα pя℮mièя℮ ficŁion
donc soy℮z indulg℮nŁs s'il vous plαîŁ.

Bonn℮ L℮ctur℮ ...

PS : Si c'℮sŁ vяαimenŁ nul, c℮ qu℮ j'écяis,
diŁ℮s l℮ moi. InuŁil℮ qu℮ j℮ m'αchαяn℮
à fαiя℮ qu℮lqu℮ chos℮ qu℮ p℮яsonn℮ n℮ liяα.


R℮v℮-Ev℮ill℮r-TH




JPREVIENS SYSTEMATIQUEMENT TOUS MES AMIS
DES QUE J'MET EN LIGNE UN NOUVEAU CHAP'
DONC SI TU VEUX ETRE TENUE AU COURANT
T'SAIS C'QU'IL TE RESTE A FAIRE ;)

( j'accepte tous les amis)
# Posté le vendredi 15 juin 2007 16:48
Modifié le mardi 15 avril 2008 12:54

Chapitre I

Je marchais, seule, perdue dans mes pensées, quand soudain l'orage éclatat. Une pluie torrentielle s'abattit sur moi. Surprise, je découvre l'endroit où mes pas m'ont menée : c'est une petite place mal éclairée avec, à droite, un bar et quelques maisons. A gauche une impasse et un restaurant. Je ne comprend ni ne lis le russe et ne parviens donc pas à déchiffrer le nom des bâtisses. Il est tard, les derniers clients quittent le restaurant. Ils parlent fort et rient en courant vers leur voiture sous la pluie. Je me précipite vers le bar, trempée, et demande en anglais où je suis.

Un jeune garçon derrière le comptoir me sourit malicieusement et me répond " In Moscow". Sa réponse m'arrache un sourire. Je sais très bien que je suis à Moscou. C'est le nom du bar et de la place qui m'intéresse. Il l'a très bien compris et, après un cours silence, il m'annonce que je suis au "Alexandrovski" et que ce que j'avais pris pour un restaurant n'est autre que la partie arrière d'un luxueux et célèbre hôtel moscovite, les clients étant en réalité des employés de garde, et l'enseigne illisible, l'unique vestige de ce qu'avait été le bâtiment avant de devenir un hôtel de luxe. Je remerciais le jeune homme pour ses informations et allais m'asseoir près de la fenêtre, en attendant que la pluie cesse. Le garçon regarda les quelques clients qui lui restaient au fond du bar, leur demanda en anglais s'ils avaient besoin de quelques chose et me rejoignit près de la fenêtre. Je le trouvais tout de suite sympathique, il avait un visage avenant, des yeux rieurs et des cheveux bruns très épais, qu'il portait court. Il s'assit en face de moi et me demanda d'où je venais, qui j'étais, quel âge j'avais, etc... Il savait que je n'étais pas russe, ni anglais à cause de mon accent. Je lui fis confiance. Il avait l'air gentil et j'allais devoir tuer le temps face à cet orage qui n'en finissait pas. Je lui expliquais donc que j'étais française, que j'avais 15 ans et que j'étais en vacances en Russie, avec mes parents. Je lui racontait également que la raison pour laquelle j'étais seule et perdue dans les rues de Moscou ce soir, était que j'avais quitté le restaurant où je dinais avec mes parents suite à une dispute. J'étais en colère et je ne regardais pas où j'allais, l'orage m'avait ensuite surprise et j'avais finalement atterrie dans son bar. Il avait écouté avec attention mon récit, et m'appris qu'il avait le même âge que moi mais qu'il devait aidé son père, débordé de travail, dans ce bar. C'était souvent lui qui tenait le bar pendant que son père s'occupait des dettes, des papiers et des commandes.
Deux jours que je suis à Moscou. Moins d'une journée que je connais ce garçon, déjà je voulais m'en faire un ami.

"Au fait, tu ne m'as toujours pas dis comment tu t'appelais ?"
Il sourit : "Frederic"
Je le regardais avec des yeux ronds : "Mais c'est pas russe ça !"
Il s'attendait à ma réaction et laissa échapper un rire.
" Ma mère est d'origine française, d'où mon prénom.
- Ah d'accord. Mais tu dois savoir dire des choses en français alors ?
- Non. Elle est malade, je ne peux pas lui rendre visite très souvent. Elle est à l'hôpital depuis plusieurs mois. C'est d'ailleurs pour ça que mon père est débordé et que je l'aide. Tout ça coûte très cher, c'est une maladie difficilement soignable.
- C'est quoi comme maladie ?
- J'arrive pas à retenir le nom.

Un silence pesant s'installa. Je m'en veux. J'aurais pas dû lui demander ça. On regarde tout les deux par la fenêtre. La pluie s'est arrêtée. On est tout les deux perdus dans nos pensées. Un bruit me sort soudain de mes rêveries. C'est un vieux coucou dont Frederic a dû hériter. Il sonne une heure du matin. Quoi !? Une heure du mat'? Je regarde Fréderic, affolée :

" C'est passé trop vite! Il est grand temps que je rentre t'as vu l'heure ? Je vais me faire tuer !
Ma panique soudaine semble l'amuser :
- Tu veux que je te ramène ?
- Ca te dérange pas ?
- Si d'ailleurs je pense que je vais rapidement changé d'avis si tu te grouilles pas de mettre ton casque."

On ris tout les deux. Je monte à l'arrière de sa moto. Les quatres derniers clients étaient partis quelques minutes auparavant, Frederic pouvait donc fermer le bar. 1o minutes plus tard je suis chez moi. Enfin, " chez moi " c'est le nom que je donne à l'appartement qu'on loue le temps du séjour. Morte de fatigue mais rayonnante de bonheur à l'idée des jours que je vais passé avec Frederic, je rassure mes parents sur mon absence. Ils ont trop peur d'une fugue, ils ne disent rien. Je m'endors, le sourire aux lèvres.
Je lui ai promis de revenir demain.
# Posté le dimanche 24 juin 2007 11:22
Modifié le vendredi 02 novembre 2007 11:00

Chapitre II

" Lucie ?"
Quelqu'un est en train de me secouer.

"Luuuuciiiie ..."
J'ai pas la force d'ouvrir les yeux, je suis morte de fatigue.

" Allez Lucie, réveille toi !"
Raah j'ai envie de gueuler a l'inconsciente qui veut me réveiller de se la fermer!

J'ouvre les yeux mais les referme immédiatement. J'suis aveuglé par la lumière, la journée est déjà bien avancée. Je parviens tout de même à réouvrir les yeux. C'est bon je suis réveillée. Ma mère me regarde avec un grand sourire :

" Et bah dis donc, quelle marmotte tu fais toi! "

Oh nan pas dès le matin ... Bientôt elle va partir dans un délire à la Pascal Obispo, elle le fait régulièrement. Elle me regarde malicieusement, elle sait à quoi je pense.

" Lucie, Lucie dépêche toi on vit ..."

Qu'est-ce que je disais ? Ca n'a pas loupé... Elle quitte la chambre en continuant de fredonner la chanson. Je regarde autour de moi comme si je voyais ma chambre pour la première fois. Mon regard s'arrête sur la fenêtre entrouverte. Le soleil est déjà haut, les lourds nuages d'hier ne sont plus qu'un souvenir, mais l'air reste froid et humide. Je frissone. Je réalise alors que je ne me suis pas changée depuis hier soir. J'étais tellement épuisée que je me suis endormie toute habillée, dans mes vêtements trempés par la pluie. Il est 15h30 j'ai promis à Fred d'être au café pour 16h ... Je vais être en retard ! Je fonce sous la douche, avale un semblant de repas, m'habille. Une heure plus tard, j'arrive au café. Je n'emprunte pas la même route qu'hier soir, mais un chemin plus court qui m'oblige à passé devant l'hôtel de luxe. Je suis obligée de traverser une foule de très jeunes filles. Certaines ressemblent un peu à des gothiques, d'autres sont en petite tenue et doivent avoir froid, vu le temps. Elles semblent toutes très surexcitées. Je traverse la rue qu'elles bloquent sans leur adresser la parole. Frederic m'expliquera surement ce qui se passe. Je poursuis mon chemin et passe derrière l'hôtel de luxe par une ruelle détournée. Je vois une foule de gardes du corps près a intervenir ainsi que 4 silouettes se précipitant vers des voitures aux vitres fumées. Ce sont sûrement les stars que les jeunes filles espéraient apercevoir. Je souris. Elles n'ont pas finis d'attendre ...


Lorsque j'entre dans l'Alexandrovski, je vis que Fred m'attendait, dans la lune. Il ne m'avait pas entendu entrer. Je prend ma plus grosse voix et lance
"BONJOUR..."
Il sursaute, se rend compte que ce n'est que moi, et éclate de rire :
"N'importe quoi ..."
Je ris avec lui. "Ca va pas trop dur le réveil ce matin ?
- Nan, ça va. J'suis habitué, moi! Toi par contre tu ne l'es pas à ce que je vois ...
- Oui je sais, moi ça a été difficile, c'est pour ça que je suis en retard! Ma mère a dû me réveiller il y a une heure parce qu'elle se souvenait que j'lui avait dit que j'avais un truc de prévue, enfin bref l'important c'est que je soit là ^^
- T'as le droit de rester combien de temps ?
- Oh autant que je veux, de toute façon ils ne remarquent jamais mon absence ...
- Tu peux rester ici aussi longtemps que tu veux tu le sais bien.
- Merci! Au fait, t'as vu le troupeau de filles à l'entrée de l'hôtel d'en face ?
- Oui, aparamant c'est un nouveau groupe venant d'allemagne qui provoquerai toute cette agitation.
- Ah d'accord, et pourquoi ? Il est si extraordinaire que ça ce groupe ?
- Aucune idée, les critiques disent juste qu'ils sont souvent suivies par des groupies pendant leurs tournées donc je ne m'étonne pas qu'il y en ai ... Ici c'est comme ailleurs!
- Ralala Suivre son idole pendant des jours et des jours, faut le faire quand même! Je les plains ces filles, elles devraient se contenter de ce qu'elles ont ici ! Regarde, j'suis sûre que toi tu vaux dis fois mieux que ces pseudos stars! C'est devant ce bar qu'elles devraient attendre !
Il rougit et éclate de rire.
- Oui, évidemment, elles viendraient voir mon talent unique pour servir le café, s'extasieraient devant mon art de dire que le dimanche "on est fermé", et elle hurlerait de joie quand je ferais la vaisselle, c'est ça ? "

On a déliré tout l'après midi sur cette histoire. Fred prenait son balai et s'en servait comme micro, faisait du playback sur la radio à fond et pour finir, me balancait son torchon. Je me jetais dessus en poussant des cris hystériques. J'en avais mal au ventre tellement je riais. On s'est mis à danser sur les chansons d'une radio pour vieux. Quelques passant nous voyaient à travers la vitre et nous lançaient des regards surpris. A la fin, nous étions assis par terre tellement on riait. Aucun de nous ne parvenait à se relever.
Une foi calmés, je bailla à m'en décrocher la mâchoire. Bah quoi, c'est fatiguant de rire ! Je regarde Frederic dans les yeux. On se sourit.

- Tu sais quoi Fred ?
- Nan ?
- T'es mon meilleur ami.

Voilà, c'était dit. Il sourit de plus belle.
" Pareil pour moi" me répondit-il.
Je regarde le sol, fait semblant de réfléchir, redresse la tête vers lui en jouant l'incompréhension :
" T'es ton meilleur ami ?"
Il rigole : "Pfff patate t'as très bien compris!"
# Posté le lundi 09 juillet 2007 09:00
Modifié le vendredi 02 novembre 2007 11:00

Chapitre III

Fou rire terminé, on reprend notre sérieux. Je me sens bien d'avoir dit à Fred ce qu'il représentait pour moi. J'ai le coeur légé, je fredonne une chanson populaire en nettoyant les tables abandonnées par les premiers clients. D'autres commencent déjà à arriver, et j'ai décidé de rester aider Fred pour la soirée. Vu que le russe n'est toujours pas mon point fort, il prend les commandes et moi je sers. Les heures défilent et la soirée avance. Les clients sont, pour la plupart, des parents. Vers 11h, ils quittent presque tous en même temps le bar. Je reste interloquée devant cette surprenante situation. Je pose un regard interrogateur sur Fred qui, lui, ne semble pas déranger. Voyant que je le regarde avec insistance il finit par lâcher :

- Tu n'as pas entendu ce qu'ils disaient ?
- Bah non, t'as bien vu que j'parlais pas russe!
- Ah Oui, excuse moi ça m'était sortie de la tête ...
- Donc ?
- Donc quoi ?
- Bah de quoi ils parlaient !? Olala mais t'es à l'Ouest toi!
- Désolé c'est la fatigue, j'te rappel que moi j'ai pas dormi jusqu'à 15h cet après midi ! Ils parlaient du groupe dont on parlait tout à l'heure. Aparamant c'était ce soir le concert, et pas très loin d'ici. Du coup la plupart des parents ont attendu la fin du concert en prenant un café dans les environs.
- Ah d'accord. Tiens si t'es fatigué t'as qu'à te reposer sur le canapé du fond, vu qu'ils sont tous partie je ne pense pas qu'on aura beaucoup d'autres clients et au pire, je m'en occuperai.
- Merci c'est gentil, mais ne t'inquiète pas, ça va aller.

On s'installe à notre table habituelle. On commence à parler de tout et de rien, mais pour Fred, le coeur n'y est pas. Il a de grosses cernes sous les yeux et ses paupières se ferment toutes seules. Je le regarde avec l'air du " je te l'avais dis "... Il sourit et se lève finalement pour aller s'étendre de tout son long sur le canapé du fond. Je regarde le vieux coucou : 11h15 seulement. Déjà je l'entend ronfler. Il devait juste se "reposer" et le voilà qui dort comme un loir ! Il en avait bien besoin.

C'est alors que j'entend la porte du café se refermer doucement. Je me retourne, surprise de n'avoir rien entendu plus tôt. Derrière moi se tiennent 4 jeunes garçons plus vieux que moi. Le premier a les cheveux courts, chatains blonds. Il semble assez réservé, il n'est pas très grand. Ses yeux d'un brun profond sont cachés sous la visière de sa casquette. Je le trouve plutôt mignon. Il contemple Frederic, affalé sur le canapé, d'un air rieur. Le second garçon porte une capuche, de larges lunettes de soleil qui lui dévorent la moitié du visage et des vêtements noirs. Il est très grand, très mince aussi dans son jean droit. Il semble fragile mais son attitude affiche une certaine détermination. La seule partie visible de son visage est sa bouche, qu'il a sensuelle et pulpeuse. De longues mêches noires, blondes par endroit, s'échappent de sa capuche et viennent tomber sur ses frêles épaules. Il se tient un peu à l'écart et n'ose pas sourire ouvertement à la vue du spectacle inattendu qui s'offre à lui. Il émane de son être un mystère et un magnétisme laissant difficilement indifférent. Le troisième garçon est un peu moins grand mais à un large torse musclé. Des cheveux châtains foncés et parfaitement lisses encadrent son visage, cachant en partie ses incroyables yeux aux couleurs indéfinissables. C'est le seul qui ne se cache pas derrière un quelconque accessoire. Il dégage de lui une impression de flegme et de calme insoupçonnée. Il considère la scène et, patiemment, attend la réaction des autres. Le dernier garçon, lui, ressemble plus au second, caché derrière ses lunettes sombres et la casquette qu'il porte sous sa capuche. On ne voit également que sa bouche, si semblable à celle du second jeune homme, mais piercée au côté gauche, ce qui la rend encore plus sensuelle. Il se différencie également de lui par ses vêtements dix fois trop grands. Son large tee-shirt lui tombe presque aux genoux, et son baggy, loin de commencer plus haut, retombe en nombreux plis sur ses baskets blanches. Contrairement aux trois autres, il aparaît comme plein d'assurance et de confiance en lui, un sourire charmeur et ironique accroché aux lèvres. Il tourne la tête vers Fred, sourit, puis je sens son regard se poser sur moi.

Bizarrement, je ne suis pas à l'aise devant ces quatre visiteurs inattendus. Je me lève, pose un dernier regard sur un Frederic toujours endormi, et invite les arrivant à s'asseoir. Ils choisissent une table entre celle ou j'étais assise et celle derrière laquelle dort Fred. Je vois qu'ils essaient de ne pas faire trop de bruit pour ne pas le réveiller. Des clients qui ont peur de déranger un barman endormi, si ce n'est pas un comble ! Au bout de quelques minutes à chuchoter entre eux ils me font signe de venir les rejoindre, et me demandent en anglais de leur apporter un café chacun. Je remarque qu'ils ont l'air eux aussi fatigués, et qu'eux non plus ne doivent pas être russes puisqu'ils ont commandé en anglais. Cela me rassure, car je n'ai toujours pas un seul mot russe dans mon vocabulaire. Je les sert et retourne derrière le comptoir, surveillant Frederic du coin de l'oeil. Je prend le temps de mieux détailler les quatres garçons. Ils ont l'air un peu ridicul vu d'ici. Entre l'étonnante maigreur de l'un, les vêtements trop large de l'autres, les cheveux longs et lissés d'un troisième, seul le quatrième semble "normal".

C'est alors que j'entendit distinctement Frederic grogner, puis gémir. Il s'agitait beaucoup, murmurait des paroles inaudibles dans son sommeil. Je rougis, gênée de l'avoir laissé ainsi aux yeux des quatre clients qui me lancent des regards inquiets. Je secoue doucement Frederic : " Fred! Fred réveille toi on a du monde!" Je me rend alors compte qu'il transpire, qu'il est brûlant. Il a dû attrapper quelque chose avec tout le monde qui circule par ici. Il s'agite de plus en plus, il se débat presque entre mes bras, puis soudain s'arrête. Il est secoué de petits tremblements, je ne comprend pas ce qui se passe. Je vis des larmes perler aux coin de ses yeux. Déconcertée, je jette un regard désespéré aux quatres clients. Ils se sont levés et s'approchent de moi.

- Ne t'inquiètes pas pour lui, Tom et moi avons connu ça il y a quelques années. Quand il se réveillera, il ne se souviendra pas de son cauchemar. Il doit être malheureux à cause d'une situation qui le touche et envisage le pire, c'est pour cela qu'il pleure. Ca n'est sûrement pas la première fois que ça arrive, et c'est possible que ça continue jusqu'à ce que le problème qui le tourmente soit réglé"

Le second garçon avait laissé ses lunettes sur la table du café. Quand j'entendis sa voix, je relevais la tête et croisa son regard. Ses yeux étaient d'un beau brun qu'assombrissait le trait de crayon noir qui soulignait son regard. Il était parfaitement maquillé, de l'ombre à paupière noire donnant à ses yeux des dimensions fabuleuses. J'écoutais attentivement ce qu'il disait sans pouvoir me détacher de son regard. Même quand il eût finis, je ne pu en détacher mes yeux. Puis l'idée que Frederic était encore inconscient dans mes bras me frappa en quelques secondes, et je repportais toute mon attention sur lui. Je l'installa plus confortablement alla chercher un oreiller et une couverture, pour qu'il n'attrappe pas froid. Son cauchemar devait sûrement être à propos de sa mère. Une fois que j'eû finis de m'occuper de Fred, qui avait retrouver un sommeil normal sans pour autant s'être réveillé, je m'assis à une table et le regarda dormir. 00h00. Il n'était pourtant pas près de se rêveiller... Le second garçon, celui qui avait pris la paroles tout à l'heure, me fit signe de rejoindre son groupe, à la table où ils s'étaient tous rassis. Je m'assayais et entamais la conversation:

- Je suis désolé de vous avoir imposé ça, c'est la première fois que je le vois faire ce genre de crise, je ne suis pas ici depuis longtemps ..
- Je t'ai dis de ne pas t'inquiéter, ce n'est rien de grave ! dit avec un sourire le second garçon.
Je rougis :
- Oui je sais ... Merci de m'avoir dit ce qu'il avait. Vous vous appelez comment ? Vous vous y connaissez beaucoup en rêve et autres trucs du genre ?
- Non, c'est juste que Tom et Moi vivions cela étant petit, je te l'ai également déjà dis! Moi c'est Bill, et Tom c'est lui, dit-il en montrant du doigt le jeune homme au piercing. Je te présente Gustav, et Georg.
- Hum, enchantée.
- Tu n'as pas encore entendu parler de nous ? me demanda Georg.
Là, je souris franchement.
- Nan, pourquoi, j'aurai dû ?
- Bah on forme un groupe de rock, et tout le monde parle de nous en ce moment. Tokio Hotel ça ne te dis rien ? demanda Tom avec son sourire ironique.
- Non "Tokio Hotel" ça ne me dit rien, mais groupe de rock, si ! C'est vous qui avez joué pas loin d'ici ce soir ?
- Oui ... T'as dû remarquer aussi les filles devant l'hôtel hier ? lança Bill avec un soupir.
- Un peu que je les ai remarqué, c'est limite si elles ne bouchaient pas la circulation !
- Bah c'était nos fans, continua Gustav tout fier.
- Okay, okay. Donc je pense que je vous ai aperçu quand vous sortiez par derrière. C'était d'ailleurs pas très gentil pour elles ...
- Essaie un peu de faire les boutiques en étant suivis par 100 jeunes filles en fleur, tu verras que les sorties de secour deviendront vite tes meilleures amies ! me répondit Bill du tac au tac.
Je pouffe de rire.
- N'importe quoi ... C'est pour ça que vous avez ce genre d'accoutrement bizarre ? dis-je en désignant les tenues de Bill et de Tom, les lunettes sur la table et la casquette de Gustav (oui j'ai 3 bras).
- Non, à par les lunettes et les capuches, on s'habille naturellement comme ça.
Bill avait dit cela avec une pointe de défi dans la voix, plongeant une foi de plus son irrésistible regard dans le mien.Là je ne savais plus du tout où me mettre.
- Nan mais je disais ça dans le sens, c'est pas habituel ! Mais ça vous va bien, c'est votre style et c'est cool que vous vous démarquiez des autres comme ça!"

Les deux frères parurent satisfaits de ma réponse et échangèrent un regard indéchiffrable. Tom pris alors la paroles :

- Depuis qu'on est tout petit de toute façon, on est critiqué, avec le temps ça ne nous fait plus rien, on sait qui on est et nous n'avons pas besoin des autres."

Je le dévisageai alors, la ressemblance avec Bill était frappante, bien que leur style soit complètement différent. Il remarqua mon regard :

- Oui, nous sommes frères jumeaux. me dit Bill en souriant à son frère.
- Ah d'accord... ^^ Vous restez longtemps à Moscou ? Vous venez d'où exactement ?
- On reste pendant les deux mois à venir. On est tous allemands et toi ?
- Je suis française.
- Bill et Tom aiment beaucoup les françaises ! lâcha Georg en rigolant.

Je ris avec lui, je ne pouvais faire que ça de doute façon.

- Georg dis ça parce qu'on est les seuls du groupe à avoir eu des petites copines françaises ... expliqua Bill un peu gêné. Tom, lui me regarda avec insistance. Quelque chose m'échappait et je n'aimais pas ça. Les membres du groupes s'échangèrent quelques regard et se levèrent presque tous en même temps.

- Bon, on y va! Bonne soirée euh ...
- Lucie.
- Oui voilà, bonne soirée Lucie! A la prochaine !

Je restais assise, toute seule dans le bar, abasourdie. En quelques seconde ils étaient sorties, me laissant seule, enfin pas tout à fait, Fred était là. Mais il dormait toujours. Je lui déposais un bisou sur la joue, remontait sa couverture sur ses épaules, ferma le bar, et rentra chez moi. Sur le chemin je n'arrêtais pas de ressasser ma conversation avec ce groupe dont j'avais déjà oublié le nom. Et puis ce Bill, ses yeux. Son frère. Il m'intriguais vraiment. Heureusement, je ne risquais pas de les revoir. Quoi que ? Leur hôtel est juste en face du bar. Dans deux mois ils seraient partis, mais là ça ne doit pas faire comme pour Fred, c'est pas le moment que je m'attache. Mais j'ai en même temps tellement envie de les revoir.
De Le revoir ...
# Posté le lundi 09 juillet 2007 12:06
Modifié le dimanche 22 juin 2008 15:01

Chapitre IV

Il est 8h et je suis déjà debout. J'ai eu une nuit agité. Je n'ai cessé de me réveiller, sans jamais savoir ce qui me tirait du sommeil. Quand je me suis définitivement réveillée, je savais juste que j'avais fait un mauvais rêve à propos de Fred, de sa mère et d'un garçon très mince dont je ne parvenais pas à voir le visage. Mes souvenirs étaient flous, et j'étais encore fatiguée sans pour autant parvenir à me rendormir. Je me tournais et me retournais, j'avais chaud. Je poussais un soupir puis me levais, découragée. Ce n'est pas aujourd'hui que je ferais la grasse matinée. Je sortis sur le balcon et l'air glacé me fit l'effet d'un coup de fouet. Je restais néanmoins quelques secondes de plus dans le froid, admirant un court instant la ville encore endormie, puis je rentrai. Je m'assis dans la cuisine, je me sentais bien. J'étais à présent bien réveillée et j'avais les idées claires. J'étais toute seule dans la maison. La veille, quand j'étais rentrée, mes parents dormaient déjà et, aujourd'hui, bien qu'il ne soit que 8h, ils sont déjà partis. J'ai cru comprendre qu'ils avaient beaucoup de route car ils comptaient passer leur week-end à Saint Petersbourg, en amoureux. Ce samedi matin annoncait donc un week-end de liberté totale et d'indépendance. J'étais bien décidée à en profiter. Après avoir pris ma douche, je me rendit chez Fred. Je comptais prendre mon petit déjeuné avec lui.

La gigantesque horloge de Moscou indique 8h30. Les rues sont étonnaments calmes. Les rares passants semblent encore un peu endormis, ils viennent chercher leur pains pour certains, d'autres vont travailler. J'aime observer le monde qui m'entour, remarquer les petits détails auxquelles personnes ne portent attention. Je découvre une fois de plus une nouvelle facette de cette ville surprenante qu'est Moscou. Mes pas me guident vers l'Alexandrovski sans même que je m'en rende compte. J'ai pris mon temps aujourd'hui : il est 8h45 quand je traverse la ruelle près de l'hôtel de luxe. J'y aperçois quelques unes des filles de la veille qui ont carrément dormi devant l'hôtel pour apercevoir leur star. Quel drôle de monde que le leur, celui qui tourne autour d'une idole. Je m'arrête un instant. Leur bonheur ne tient qu'à un sourire, un autographe. Je doute qu'elle soit vraiment heureuse ... Je m'arrache à ces sombres pensées et franchis les quelques mètres qui me séparent de l'Alexandrovski. J'y retrouve Fred, déjà debout grâce à sa sieste prolongée d'hier soir.

- Je vous salue Ô Grand Dormeur parmi les dormeurs ! lui lançais-je en entrant, d'un ton faussement solennel.
- Jétais sûre que j'y échapperais pas... soupira-t-il en déposant sur "notre" table les croissants qu'il portait.
Il releva la tête et me détailla rapidement du regard avant d'enchaîner :

- Oh mais je te salue Ô Grande Insomniaque parmi les insomniaques !

Je laisse échapper un rire : Ca se voit tant que ça ?

- Un peu ouais ! Mais t'inquiète pas, qu'est-ce que ça peut faire de toute façon que tu ressembles à une zombie ? C'est pas parce que les gens vont avoir peur de toi que tu peux plus être mon amie ^^
- Fred, t'as du bol que je sois comme une zombie, autrement je t'aurai foutue tes croissants dans la gueule.
- Roooh mais c'est pour rire ! Les gens auront pas peur de toi vu que je vais te cacher, parce que je suis gentil ... humpf!
- Le croissant te trouve tellement gentil qu'il a pas pu s'empêcher de te faire un câlin ;)
On explose de rire tout les deux. Il rattrappe le croissant avant qu'il ne tombe par terre et l'avale d'un coup. Je le regarde :
- Euh, excusez moi Mr l'Ogre, vous auriez pas vu un type qui dors tout le temps ?
Il en a plein la bouche et il rigole, le résultat donne un truc du genre : Humpf! T'Chai qu'es chro gogol choi quand ches inchomniaque.
- Ouh qu'il est meugnon le petit Fred ! Gouzi Gouzi !

Il a les joues toutes gonflées, j'imagine pas le résultats si il n'arrive pas à s'empêcher de rire, et comme je suis au première loge, j'évite d'en rajouter. Je trempe un croissant dans le chocolat chaud qu'il m'avait apporté en l'observant se battre avec lui même. Quand le Fred qui voulait avaler son croissant finit par avoir le dessus sur le Fred qui avait envie de rire aux éclats, je lui lançait un regard de surprise : " Tu sais que t'es fascinants quand t'as des combats intérieurs ?"

Le Fred qui avait envie de rire aux éclats pu s'exprimer, et je riais avec lui. Une fois calmé, nous débarrassâmes la table afin d'être plus à l'aise pour parler. Malgré notre fou rire, il avait remarqué que quelque chose me perturbait et attendait patiemment que je me confie à lui. Je lui racontai les 4 clients d'hier soir, dans les moindres détails. J'avais décidé d'être franche avec lui, il était le seul ici à qui je puisse accorder ma confiance après tout. Il écouta attentivement toute mon histoire. Leur arrivée, qui ils étaient, leur brusque départ. C'était très court en tant qu'évènement, mais mon récit fut plus long. Une fois que j'eus terminé, Fred posa sur moi un regard dont il avait le secret. Vous savez, de ceux qui vous mettent mal à l'aise, où vous avez l'impression qu'il lit en vous, que vous êtes à découvert et que vous ne pouvez rien lui cacher. Je brisais le silence :

- Quoi ?
- Les deux garçons qui se ressemblent, tu m'as dit qu'ils s'appelaient comment ?
- Euh, Bill et Tom je crois.
Je rougis, sans savoir pourquoi.
- Qu'est-ce qui te met si mal à l'aise Lucie ?
- J'sais pas, ils étaient bizarre.
- Bah faut croire que c'est contagieux ! Dis moi, ils ressemblaient à des zombies ? Parce qu'après tout, peut-être que ça aussi ça vient d'eux ...
- Fred, il reste des croissants j'te rappel. Et j'commence à être doué en terme de lancé si tu vois c'que j'veux dire !"
On rit. Je le regarde : " Nan franchement t'as raison j'sais pas c'qui m'prend avec ces jumeaux. Ca doit être parce que c'est la première fois que j'en vois. Faut que j'arrête de me prendre la tête, là!
- Okay, il suffisait de demander! Mon truc à moi quand j'veux me lâcher c'est la ...
- La ?
- Devine.
- ... J'utilise mon Jocker.
- Tu veux téléphoner à un ami ?
- Mais putain Fred accouche !
- La Boîte de nuit !
- Hein ?
- Quoi ?! Tu vas pas me dire que t'aimes pas ça ?

Je considérais sous un autre angle le garçon que je pensais si bien connaître. Fred en boîte. Fred qui se déhanche comme un tarré sur des rythmes endiablés. Fred qui se lâche. Nan, j'arrive pas à l'imaginer. Rien que pour voir ça, fallait que je vienne avec lui.

- Ouais moi j'veux bien venir ... Mais j'suis pas du genre à me lâcher en public j'te préviens !
- T'inquiète pas j'serai là, moi j'sais comment mettre les gens à l'aise !
Et encore un regard dont il a le secret, mais cette fois-ci c'était plutôt du genre "Ai confiance" comme le serpent avec Mowgli dans Le Livre De La Jungle.
- Et on y va quand ?
- Bah ce week-end ça va être un peu chaud pour moi, donc le week-end prochain ça te va ? Dans une semaine pile poil ?
- Pile poil est une expression trop nulle, mais j'veux bien pour le week-end prochain.
- Ca roule, en attendant il serait peut-être temps de s'occuper du bar tu crois pas ?
- Si! c'est parti mon kiki !
- ... Et t'oses me dire que j'ai des expressions nulles. -___-"

Il me fait sourire de plus belle, il a l'art de me mettre de bonne humeur. La journée se passe sans évènements particuliers. Comme d'habitude, il prend les commandes et moi je sers. Vers 19h, je retourne chez moi prendre des affaires, Fred m'a invité à domir chez lui. J'accepte, je ne suis pas très rassurée à l'idée de rester une fois de plus discuter jusqu'à pas d'heure, puis de rentrée seule dans les ruelles sombres de Moscou, pour dormir dans une maison vide. Mine de rien c'est angoissant, surtout dans un pays qu'on ne connaît pas et dont on ne parler pas la langue. En plus, je vais enfin faire la connaissance de Mr le papa de Frederic. C'est en pensant à l'agréable soirée qui m'attendait que je revins de "chez moi", chargée de sacs. Je passe une énième fois devant l'hôtel de luxe. De nouveau, j'aperçois la voiture aux vitres fumées et aux quatres silhouettes. Mais aujourd'hui je sais qui se cache à l'intérieur. La voiture ralentie en passant près de moi. Un instant, je crue qu'elle allait s'arrêter, mais elle accélèra. Etrange. Ce devait être mon imagination qui me jouait des tours, et je m'étais promis de ne plus y penser. Quand j'entra dans le bar, l'incident m'était complètement sortie de la tête. Je déposais mes sacs dans la pièce derrière le bar, et m'étonna de ne pas voir de clients. Je remarqua un mot griffoné sur une feuille, à la va vite.

"Dsl Lu, doit m'absenté pa lgtmps, a coz dma mèr. Tkt pr moi, att mn retour o bar stp. Bx.Fred."
Je me retournais vers la porte, il avait affiché le panneau "closed" ("fermer" pour les nuls en anglais x)).

Ca ne devait pas être bien grave, la dernière fois qu'il m'avait parler de sa mère elle allait bien. En même temps, je reconnais ne pas être le genre de personne qui s'inquiète facilement, ce qu'on me reproche parfois. De toute façon, je ne peux rien pour lui à part l'attendre comme il me l'a demandé. Je m'installa dans le canapé du fond. La nuit s'annonçait longue ...
# Posté le vendredi 13 juillet 2007 11:58
Modifié le dimanche 22 juin 2008 15:02